L’escrime

En Nouvelle-Calédonie l’escrime redémarre en flèche

Ce Territoire français du Pacifique Sud, entre l’Australie et la Nouvelle-Zélande, le plus éloigné de la métropole, a reçu, en 2000 et 2003, la visite de l’équipe de France d’escrime venue s’adapter au décalage horaire et s’entraîner juste avant les JO et les Championnats du Monde de Sydney.

Un peu d’histoire

En Nouvelle-Calédonie, au 19ème siècle, l’escrime était un sport militaire avec les prévôts d’armes. On en trouve trace dans les années 1880, associée avec la société de gymnastique et de tir. Le 22 décembre 1898 était crée la Néo-Calédonienne où l’on enseignait et pratiquait la gymnastique, le tir et l’escrime. Jusqu’en 1918, on pouvait assister à des fêtes de gymnastique et d’escrime, en présence des autorités civiles et militaires. Les escrimeurs, au fleuret, à l’épée, à la canne et au bâton donneront de beaux spectacles. Quelques leçons sont données durant la période de la Première Guerre Mondiale et on assistera même à des duels pour des raisons d’honneur…

En 1925 le caporal chef Auger donne des leçons au jeune Charles Mourin que l’on retrouvera, en 1948, à la direction de la salle d’armes et le 01 août 1956, quelques passionnés créent le Club d’Escrime de Nouméa (CEN). Le logo du club sera représenté par le cagou, oiseau endémique et emblématique de la Nouvelle-Calédonie, accompagné de deux armes croisées, dans un écusson bleu et or. Les escrimeurs locaux pourront affronter, sans démériter, les officiers de la Jeanne d’Arc, lors de ses passages en 1956 et 1962. Malheureusement après une période faste, l’escrime va perdre de sa notoriété. Charles Mourin, toujours seul maître d’armes pendant toutes ces années, aura enseigné les valeurs de cette discipline à plusieurs générations de Calédoniens, jusqu’à sa mort en 1981.

Après plus d’une vingtaine d’années de sommeil, l’escrime renaît sur l’île de Lumière.

La Ligue de Nouvelle-Calédonie

En septembre 2000, profitant des JO de Sydney, Patrick Sartor se fait connaître à la FFE qui décide alors que l’équipe de France fera escale à Nouméa pour sa préparation et son recalage horaire. Le gouvernement de Nouvelle-Calédonie est naturellement tout à fait favorable. Quel coup de pouce du destin ! Du matériel est laissé sur place et acheté par le Territoire. Il décide alors de créer un club, avec l’appui du C.T.O.S, ravi de voir le paysage sportif calédonien se doter d’un nouveau sport. De nombreuses démarches, des petites annonces et beaucoup de persévérance vont être enfin récompensées.

Le passage de l’équipe de France va avoir pour conséquence la création, l’année suivante, de trois clubs d’escrime, à Nouméa, dans sa proche banlieue et dans la ville voisine : l’Association Calédonienne d’Escrime (A.C.E) est déclarée officiellement le 23 janvier 2001, le Club d’Escrime de Rivière Salée (C.E.R.S.), le 3 décembre 2001 de même que le club Les Mousquetaires du Mont-Dore (M.M.D).. Et le 11 février 2002 est officiellement déclarée la Ligue d’Escrime de Nouvelle-Calédonie.

En juillet 2003, l’équipe de France d’épée revient s’entraîner et s’acclimater à Nouméa avant de rejoindre Sydney où se dérouleront, du 18 au 20 juillet, les championnats du monde. Les Calédoniens assistent aux entraînements des sportifs de haut niveau (Flessel, Jeannet, Tripathi, Kiraly-Picot…). La renommée et la gentillesse des épéistes français provoquent un véritable engouement chez nos jeunes. En novembre de la même année, le ministre des sports Jean-François Lamour, vient rendre visite aux sportifs calédoniens et discuter avec nos dirigeants. Les Mousquetaires du Mont-Dore lui rendront même les honneurs….

Malgré des difficultés de jeunesse, la Ligue d’Escrime de Nouvelle-Calédonie réussit peu à peu à se faire connaître en Calédonie et dans les pays voisins (Australie et Nouvelle-Zélande). En juillet 2003, le président de la Ligue, Patrick Sartor, accompagné de deux autres membres du bureau, vont à Sydney afin de proposer l’intégration de notre Ligue à la Confédération Océanienne d’Escrime. Leur démarche est couronnée de succès…
En décembre 2003 première participation aux Championnats d’Australie.

La Ligue organise divers championnats, challenges et manifestations qui sont toujours médiatisés. En avril 2004, un challenge voit s’affronter soixante tireurs parmi la centaine de licenciés. En juillet, cinq meilleurs jeunes sont sélectionnés pour participer au championnat cadet à la Confédération Océanienne. Ils décrochent deux médailles de bronze à l’épée. En septembre 2004, deux juniors et un senior participent à Adélaïde, au Championnat National d’Australie, avec la participation de tireurs venant d’Asie.

L’année 2005 voit l’arrivée d’un nouveau Maître d’armes qui aura la responsabilité du club du Mont-Dore. Avec un nouveau Maître d’armes, l’escrime néo-calédonienne peut espérer des jours meilleurs. En juin, on atteint le nombre de 120 licenciés dont 80 compétiteurs réguliers, en plus des scolaires. Une nouvelle équipe prend la ligue en mains et depuis le mois d’avril, Patricia Argelier est élue présidente et Maître Bruno Touyet est élu Conseiller Technique et Sportif.
Au mois d’août sont organisés les championnats de Nouvelle-Calédonie, aux trois armes et permettent d’établir une sélection pour les prochaines Oceania qui se dérouleront en Nouvelle-Zélande. Fin septembre, six jeunes partent à Christchurch et décrochent 6 médailles dont 2 en or.
Fin septembre un stage de formation d’arbitres et d’initiateurs est organisé.

En 2006, la Ligue est maintenant bien établie. Elle se fait connaître par ses participations et ses diverses activités dans le milieu sportif calédonien et elle peut bénéficier d’une bonne médiatisation. Les licenciés sont en constante augmentation.
Toutes les activités de l’année permettent l’envoi, en octobre, de 5 épéistes et d’un sabreur, aux Oceania de Wellington (Nelle-Zélande). Ils reviennent avec 2 médailles d’or en individuel et 1 par équipe ainsi que 3 médailles de bronze. On sait, maintenant, qu’il faudra compter sur les Français du Pacifique.
Des stages d’initiation sont organisés dans les agglomérations hors du Grand Nouméa. Ces stages d’escrime « en brousse » soulèvent de plus en plus d’intérêt parmi les jeunes. Onze stagiaires ont suivi, cette année 2006, la formation d’arbitre fleuret et épée. Cette formation a été particulièrement organisée en prévision des Oceania cadets qui se dérouleront pour la première fois, en Nouvelle-Calédonie.
Cette année 2006 voit la dissolution du club A.C.E.

A la rentrée de mars 2007, la Ligue compte 166 licenciés. Le Championnat de Nouvelle-Calédonie va permettre de sélectionner les meilleurs minimes pour la Fête des Jeunes à Paris. Les Oceania cadets se sont déroulés, du 11 au 13 avril, dans la salle omnisports du Mont-Dore. Nos jeunes en individuel ont remporté une 2ème place, deux 3ème places, une 5ème place, une 6ème place, deux 7ème places et une 8ème place. En septembre, une délégation de 7 personnes participera aux Oceania seniors en Nelle-Zélande et remportera 1 médaille d’argent et 2 de bronze.
Un stage d’initiation à l’escrime scolaire a été organisé pour trois professeurs E.P.S. (Nouméa, Dumbéa et Païta). Suite à ce stage l’escrime va démarrer dans un lycée de Païta et de Nouméa (le matériel a d’ailleurs été acheté).Le professeur d’ EPS du Collège de Dumbéa va se rapprocher du club d’escrime de Dumbéa, qui vient d’être crée, pour démarrer l’activité avec ses élèves.
Dissolution du club de Rivière Salée (CERS) et création du club Les Escrimeurs de Dumbéa (LED).
En 2008 le nombre de licenciés continue d’augmenter et passe à 198 grâce au travail fourni par son conseiller technique et la Ligue d’Escrime. La politique sportive décidée en 2005 avec le nouveau comité directeur porte ses fruits.
La création du « Ludo Escrime » pour les jeunes de moins de 8 ans, a du succès. C’est une escrime plus ludique sous forme de jeu avec des équipements adaptés à cette tranche d’âge.
L’année 2009 est une année faste pour l’escrime avec ses 255 licenciés. C’est une année riche en évènements tels que les championnats de France minimes, championnats de France cadets, championnat de France juniors, tournois de coupe du monde seniors et cadets, l’organisation des Oceania seniors à Nouméa, divers stages en Province Sud et participation à diverses manifestations sportives.
Un nouveau club d’escrime Les Fines Lames de Nouméa (FLDN) est créé.

Grâce au dynamisme de la Ligue, l’année 2010 voit la création d’un Centre Territorial d’Entraînement (CTE) avec déjà une quinzaine d’escrimeurs de 10 à 23 ans. Au lycée Lapérouse et au collège Mariotti des classes à horaires aménagés (CHAM) sont créées pour l’escrime.
Au championnat de France, Pierre Simoni du club des FLDN, devient vice-champion de France minime à l’épée devant 120 tireurs.
Très bonne performance aussi pour nos cadets par équipe, qui terminent 3ème au championnat de France national 1 où 32 équipes étaient présentes.

Des cycles d’escrime en sport scolaire en Province Nord ont été mis en place pour cette année 2011 et ceux-ci ont été très appréciés par les jeunes ainsi que par les institutions de cette Province. Devant l’engouement de ces cycles, la Ligue et son conseiller technique et sportif ont décidé de les reconduire pour 2012 et les années suivantes.
En juillet la Ligue participe à la cérémonie d’ouverture des Jeux du Pacifique NC 2011.
Les évènements sportifs sont encore excellents, un champion cadet au Oceania en Nelle-Zélande ainsi qu’un vice- champion de France vétéran à l’épée en Alsace.

L’évènement marquant pour l’année 2012 a été, pour la 3ème fois, l’organisation des Oceania juniors à Nouméa qui a eu lieu en juillet avec de très bons résultats pour nos tireurs calédoniens. Une première place par équipe à l’épée homme, 3 places sur le podium en épée hommes individuels et une 1ère place en épée femmes individuelles. Cette année aura vu la participation de tireur venant de Hong-Kong.

Nous pensons que ce sport pour tous les âges, valides ou handicapés, qui offre Respect au Maître et Honneur aux armes, pourra continuer à apporter discipline et maîtrise de soi.

le Matériel

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Les différentes disciplines et les règles

L’histoire de l’escrime remonte à l’Antiquité. Elle se confond même avec celle de la main et de l’outil. C’est l’art de la défense et de l’attaque, mais il n’est en aucun cas basé sur la force. Vitesse, précision, réflexes et maîtrise de soi en sont les qualités. C’est aussi un sport de souplesse et
d’équilibre. Il se pratique avec trois armes

Le fleuret

Arme pédagogique, qui est devenu électrique en 1956. On ne peut toucher que sur le tronc, c’est une arme d’estoc (pointe de la lame).

L’épée

Arme du duel, c’est aussi une arme d’estoc qui est devenue électrique en 1936. On peut
toucher sur toute la surface du corps.

Le sabre

Arme de combat et du cavalier, c’est une arme d’estoc et de taille devenue électrique en 1989. On peut toucher avec la pointe, le tranchant et le dos de la lame.